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Introduction

Le Conseil des Sages nommé récipiendaire du prix Guthrie 2020

La Fondation du droit de l’Ontario a le plaisir d’annoncer que le Conseil des Sages se mérite le prix Guthrie 2020.
février 5, 2021

Le Conseil des Sages nommé récipiendaire du prix Guthrie 2020

Un collage de photos de 12 Sages Autochtones
TOP: Janice Longboat, Sage; Helen Cromarty, Sage; Sytukie Joamie, Sage; Pauline Shirt; Sage; Barney Batise, Sage; Dre. Marlene Pierre, Sage; EN BAS: Sénatrice Verna Porter-Burnelle; Sally Webster, Sage; Waasaanese (Alex Jacobs), Sage; Katsi Cook, Sage; Gilbert Smith, Sage; Donna Debassige, Sage

La Fondation du droit de l’Ontario a le plaisir d’annoncer que le Conseil des Sages se mérite le prix Guthrie 2020. Le prix vise à souligner la contribution de chantres de l’accès à la justice qui se démarquent.

Le Conseil des Sages a été établi selon des méthodes Autochtones pour appuyer le travail de la Division de la justice pour les Autochtones (DJA) du ministère du Procureur général. Le Conseil occupe des postes pour un maximum de treize Sages Autochtones qui sont des Gardiens de Savoir dans tout l’Ontario. La participation des Sages a été sollicitée sur la base de la qualité de leur leadership et du savoir particulier de chacun et chacune. Le Conseil est composé d’un nombre représentatif de femmes et de membres des différentes nations et régions Autochtones de la province.

Le Conseil des Sages soutient résolument la revendication en faveur de l’instauration de mécanismes de justice Autochtone et de l’amélioration de l’accès à la justice des Autochtones vivant dans la province. Le Conseil aide la DJA et son personnel à rétablir la relation entre le ministère du Procureur général et les communautés Autochtones de l’Ontario.

« Les Sages font leur travail avec une intégrité et une authenticité remarquables », affirme Linda Rothstein, présidente du conseil d’administration de la Fondation. « En faisant part de leur savoir et de leur vécu à des acteurs du secteur de la justice, le Conseil des Sages contribue à provoquer des transformations majeures dans les manières de penser, mais aussi dans les politiques et les lois, transformations de nature à améliorer l’accès à la justice des Autochtones de la province. »

Le Conseil des Sages a conseillé officiellement et directement trois procureurs généraux de l’Ontario, une première au Canada. Il a également conseillé le personnel de divers ministères et organismes au sein du gouvernement.

Le Conseil des Sages a aussi aidé à mettre sur pied et a coanimé le programme Bimickaway, une formation primée de dix-sept heures et demie sur la compétence culturelle Autochtone, destinée aux membres du secteur juridique. Bimickaway est un mot Anishinaabemowin qui signifie « laisser des empreintes de pas ». Dans leur rétroaction, les participants notent souvent que les contributions des Sages sont l’élément le plus important et formateur du programme, qu’elles les aident à comprendre l’impact réel et présent des lois et politiques gouvernementales abordées dans la formation. Depuis 2016, plus de 5 900 personnes ont achevé la formation, et de nombreuses autres sont inscrites sur la liste d’attente.

Le Conseil des Sages a également éduqué le milieu juridique et le public grâce aux initiatives suivantes :

  • Des présentations et des conversations en présence d’un animateur, notamment celles tenues à l’occasion du Sharing Our Justice Bundles Gathering, de la conférence ReconciliACTION, et du Dialogue sur les peuples Autochtones et les droits de la personne organisé en partenariat avec la Commission ontarienne des droits de la personne.
  • Des consultations, qui ont notamment mené à des recommandations dans le cadre de l’Examen indépendant des Services correctionnels de l’Ontario, des témoignages d’experts dans l’Enquête nationale sur les femmes et les filles Autochtones disparues et assassinées, et des éléments de représentation de la culture Autochtone dans la conception du nouveau Palais de justice de Toronto.
  • Du soutien individuel aux membres de familles de femmes et de filles Autochtones disparues ou assassinées et de familles qui ont pris part à l’enquête du coroner.
  • La coanimation des Cercles familiaux par l’entremise de l’Unité de liaison pour l’information à l’intention des familles de la DJA, qui rassemble des coroners, des agents de police et des procureurs de la Couronne chargés de renseigner directement les familles sur l’état du dossier concernant leurs êtres chers disparus ou assassinés.

« Les Sages transforment le cœur et les pensées des employés du gouvernement en créant des contextes d’échanges respectueux », explique Kimberly Murray, sous-procureure générale adjointe à la Division de la justice pour les Autochtones, qui a proposé le Conseil des Sages comme candidat pour le prix Guthrie. « Le Conseil des Sages a eu une influence profonde et transformatrice sur toutes les personnes avec lesquelles ses membres sont en intéraction, cette influence se manifeste dans l’ensemble de son travail ».

Les membres du Conseil des Sages représentent les communautés des Inuits, des Métis et de Premières nations des quatre coins de l’Ontario. Tous les Sages ont œuvré au service de leur communauté au long de leur vie, notamment dans les domaines de la justice, de la santé, de l’éducation et dans des postes de leadership. Chacun et chacune offre une perspective unique ancrée dans son vécu, ses réalisations professionnelles et le savoir Autochtone. Les Sages suivants seront les récipiendaires du prix Guthrie :

  • Barney Batise, Sage de la Nation Nishnawbee Aski et ancien chef de la Première Nation de Matachewan.
  • Mme Katsi Cook, Sage Mohawk du clan du Loup, des Mohawks d’Akwesasne
  • Mme Helen Cromarty, Sage de la Nation Nishnawbe Aski, membre de la Première Nation de Sachigo Lake et survivante d’un pensionnat.
  • Mme Donna Debassige, Sage Anishinaabe kwe, du clan Fish de Mnidoo Mnising (île de Manitoulin) et membre de la Première Nation du territoire non cédé de Wiikwemkoong.
  • Waasaanese (M. Alex Jacobs), Sage né à Lake Penage, dans la Première Nation de Whitefish Lake.
  • Mme Janice Longboat, Sage Mohawk, du clan Turtle des Six Nations de la rivière Grand.
  • La Dre Marlene Pierre, Sage Ojibwé de la Première Nation de Fort William, née et élevée dans la ville de Thunder Bay.
  • La sénatrice Verna Porter-Burnelle, membre de la Nation métisse de l’Ontario.
  • Mme Pauline Shirt, Sage née et élevée dans la réserve de Saddle Lake, en Alberta. Elle réside à Toronto.
  • Gilbert Smith, Sage de la Première Nation de Naicatchewenin près de Fort Frances, en Ontario.
  • Mme Sally Webster, Sage née sur le territoire près du lac Baker, au Nunavut. Elle réside actuellement à Ottawa.
  • Mme Sytukie Joamie, Sage originaire de Tuapait, près de Pannirtuuq, au Nunavut. Elle réside actuellement à Ottawa.

Ce que nous ont dit les tenants de la nomination du Conseil des Sages pour le prix Guthrie

Dans ma fonction de sous-procureur général adjoint, les conseils et les savoirs que les Sages m’ont communiqués m’ont été d’une valeur inestimable. Les contributions exceptionnelles du Conseil des Sages au MPG ont été essentielles pour que ce dernier puisse rendre le système juridique mieux adapté aux particularités culturelles et sensible aux peuples Autochtones. Lorsque j’ai abordé des enjeux tels que la surreprésentation des membres des peuples Autochtones dans nos centres carcéraux ou les répercussions de la pénurie de places pour membres des collectivités accessibles par avion en liberté conditionnelle, ce qui m’a été le plus utile a été de rencontrer et d’écouter les Sages, de prendre leurs conseils à cœur pour ensuite les traduire dans des solutions que nous n’avions peut-être pas encore envisagées… La formation Bimickaway, suivie par une très vaste majorité de procureurs de la Couronne, a également amené un bon nombre d’entre eux à adopter une approche différente, et ce dans toute la province. »

– Paul Boniferro, ancien sous-procureur général adjoint de l’Ontario

 

Pour moi qui suis Anichinabée de la Première nation de Wikwemikong, le rôle des Sages dans l’orientation de notre travail est d’une importance primordiale. On nous a toujours appris à inclure et à consulter les Sages dans notre travail, car leurs conseils, ainsi que le partage de leurs connaissances et de leur vécu sont indispensables. … Le Conseil des Sages améliore l’accès à la justice pour les communautés et les peuples Autochtones. Le Conseil arrive à le faire en faisant connaître le savoir et le vécu de ses membres aux participants du programme Bimickaway, en apportant un soutien spirituel et émotionnel aux familles des femmes et des filles Autochtones disparues ou assassinées, en offrant un soutien aux familles pendant les enquêtes des coroners et en prodiguant des conseils en matière de droit et de politique dans les plus hauts échelons du ministère du Procureur général. »

– Marian Jacko, avocate des enfants pour l’Ontario

 

Dans mon rôle de conseiller indépendant pour la réforme des services correctionnels de l’Ontario, j’ai eu l’occasion de rencontrer les membres du Conseil des Sages et de tirer avantage de leurs suggestions à plusieurs reprises. Les membres du Conseil des Sages possèdent une expérience de première main des effets négatifs du colonialisme et des lois et politiques assimilatrices du gouvernement. … Au cours des échanges francs et passionnés que nous avons eus, j’ai acquis une meilleure compréhension de la manière dont les structures et les processus de justice pénale en vigueur ciblent les peuples Autochtones et leurs communautés. Le message qu’ils m’ont adressé a directement influencé mon travail et mes recommandations. »

– Howard Sapers, consultant indépendant et ancien conseiller indépendant pour la réforme des services correctionnels de l’Ontario

Au suject du prix Guthrie
La Fondation a créé le prix Guthrie en 1996 en l’honneur de H. Donald Guthrie, c.r., qui a siégé pendant de nombreuses années au conseil d’administration de la Fondation, qu’il a d’ailleurs présidé pour un bon nombre de mandats.

Ont reçu le prix par le passé : Pamela Cross, avocate et défenseure des droits des femmes; Mary Birdsell, directrice générale, Justice for Children and Youth; professeure Reem Bahdi, professeure, auteure et défenseure des droits de la personne; Julie Mathews, directrice générale, Éducation juridique communautaire Ontario; Kimberly Murray, sous-procureure générale adjointe, justice pour les Autochtones et ancienne directrice générale de la Commission de vérité et réconciliation du Canada; Stephen Goudge, ancien juge à la Cour d’appel de l’Ontario; l’honorable Roy McMurtry, ancien procureur et juge en chef de l’Ontario; Alan Borovoy, ancien avocat général, Association canadienne des libertés civiles; et la Barbra Schlifer Commemorative Clinic.