
En Ontario, près de 60 % des agriculteur·rice·x·s ont 55 ans ou plus. Pourtant, selon Statistique Canada, seulement 12 % ont un plan de relève.
L’Union nationale des fermiers de l’Ontario (UNF-O) représente des milliers d’agriculteur·rice·x·s en Ontario, y compris des personnes agricultrices issues de groupes méritant l’équité et des personnes à la recherche de terres agricoles. Cette organisation, qui regroupe des membres, encourage les petites et moyennes exploitations agricoles à devenir les principaux producteurs en Ontario et s’efforce de sensibiliser et de défendre leurs intérêts économiques, sociaux et environnementaux.
Par le passé, il allait presque de soi que les enfants des agriculteur·rice·x·s prendraient la relève de l’exploitation agricole. Ce n’est plus le cas. L’un des plus grands facteurs de stress pour ces personnes aujourd’hui, en particulier les agriculteur·rice·x·s vieillissant·e·x·s, est la planification de la relève. « Beaucoup d’agriculteur·rice·x·s ne transféreront plus nécessairement leurs terres agricoles et leurs entreprises agricoles à des membres de leur famille. « Ce n’est plus ce qu’on suppose d’emblée », affirme Jess Tong, responsable de l’accès aux terres et de la sensibilisation à l’UNF-O.

C’est une source d’anxiété, parce que les agriculteur·rice·x·s comme les membres de l’UNF-O veulent que leurs terres demeurent en production agricole — entre les mains d’agriculteur·rice·x·s. « Nous perdons des terres agricoles à un rythme sans précédent », souligne Jess. « Lorsque nous laissons nos terres agricoles être aménagées ou retirées de la production agricole, cela a des répercussions sur tous les aspects de notre système alimentaire. »
Sans famille pour assurer la continuité de l’exploitation agricole, les agriculteur·rice·x·s cherchent des conseils sur la façon de transférer leurs moyens de subsistance et leur héritage. Malheureusement, les agriculteur·rice·x·s tiennent rarement compte de ces questions avant qu’il ne soit presque trop tard. « IIel travaillent dans les champs. Ces personnes n’ont pas toujours assez de temps pour trouver des solutions », explique Jess. « La planification de la relève non familiale ou le transfert de terres peut être un processus long et complexe qui comporte un énorme volet juridique. C’est un obstacle important que les gens doivent surmonter. »
Bien qu’il ne manque pas de personnes nouvelles et jeunes en agriculture désireuses de prendre la relève, bon nombre d’entre elles se heurtent à des obstacles importants, notamment le coût d’achat ou de location des terres et de l’équipement. « Nous savons que bon nombre des personnes nouvellement établies en agriculture sont issues de communautés méritant l’équité », affirme Jess, ajoutant que les obstacles systémiques auxquels elles font face dans l’accès aux terres et aux capitaux sont énormes.
Pour aider, l’UNF-O élabore une ressource appelée Trousse ontarienne de transition pour le transfert non familial d’exploitations agricoles (Ontario Transition Toolkit for Non-Family Farm Transfer). Financée par une subvention directe de La Fondation du droit de l’Ontario, cette trousse est une version adaptée de la Trousse de Young Agrarians (Young Agrarian’s toolkit) pour la Colombie-Britannique, et elle est en cours d’adaptation pour l’Ontario et de traduction en français. La trousse est conçue pour aider les agriculteur·rice·x·s à comprendre le droit dans le contexte agricole et d’aménagement du territoire en Ontario, ainsi qu’à explorer différentes options de transfert de terres. Comme il n’existe pas de solution universelle et que les membres disent s’intéresser à des plans créatifs, divers scénarios sont présentés, comme les fiducies foncières, les coopératives et les copropriétés. Afin de nous assurer que les personnes qui utiliseront la trousse la trouveront exacte, pertinente et accessible, l’UNF-O recueille des commentaires et organise des ateliers avec des agriculteur·rice·x·s et des personnes à la recherche de terres issues de groupes en quête d’équité, ainsi qu’avec des agriculteur·rice·x·s âgé·e·x·s.
« Notre objectif ultime est d’aider les agriculteur·rice·x·s qui prennent leur retraite et les personnes nouvellement établies en agriculture, surtout les agriculteur·rice·x·s méritant l’équité, à comprendre comment réaliser avec succès des transferts de terres hors du cadre familial qui sont juridiquement solides — et de contribuer à protéger les terres agricoles et les agriculteur·rice·x·s de l’Ontario », affirme Jess.

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